En tant qu’être sociaux, nous sommes contraints à être en contact avec les autres. Certes, autrui est un « autre moi », tout de même il reste difficile à cerner. D’où provient cette difficulté ? Si autrui est un autre moi, cela voudrait tout simplement dire qu’il est mon semblable. Alors si j’ai affaire à mon semblable, d’où vient la difficulté de le cerner ?

Cerner quelqu’un c’est le comprendre. Si je veux cerner autrui, je dois tout d’abord détruire la pensée subjective selon laquelle autrui est difficile à cerner, pour ensuite établir une fondation solide à la pensée objective selon laquelle autrui étant mon semblable, il n’est nulle raison qu’il soit difficile à cerner. Je comprends que la difficulté de cerner autrui s’enracine dans le fait qu’il existe une différence entre autrui et moi. Pour résoudre un problème il faut s’attaquer à la racine. Et puisqu’il est question ici de détruire une pensée subjective, intéressons-nous donc à cette différence afin de palier à ce problème de difficulté une bonne fois pour toutes !

 La différence fondamentale entre autrui et moi réside dans nos systèmes de pensée ; ceci dans la mesure où nos systèmes de pensée sont le produit de l’environnement dans lequel nous grandissons, l’éducation que nous recevons, et les diverses expériences que nous vivons. Si nous voulons donc cerner autrui, il est nécessaire d’aller au-delà de notre propre système de pensée et de pénétrer dans celui d’autrui. Ceci bien entendu passe inévitablement par la prise en considération des facteurs que nous venons de citer à savoir l’environnement, l’éducation, et l’expérience. Ces facteurs constituant le socle à base duquel se formule la personnalité d’un individu.

Il est donc possible de cerner autrui, à condition que je mette de côté mon système de pensée (puisqu-il ne s’agit pas de moi ici) pour m’intéresser au sien. Car si j’essaie de le cerner à base de mon système de pensée, non seulement je ne le comprendrai jamais, mais pire encore je serai tenté de le juger. Car comme l’a dit Hyacinthe de Charencey, « Nous voulons toujours juger autrui non tel qu'il est, mais tel que nous sommes, à moins que nous préférions le juger tel qu'il nous serait expédient qu'il fût. » Pensées et maximes diverses (1888). Évitons donc de tomber dans ce piège, et intéressons-nous à autrui tel que la nature (à travers son système de pensées) l’a façonné. Ainsi, il nous sera possible de le cerner.

 

 

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