Pendant que je rédigeais l’article précédent La tolérance : secret du vivre ensemble, je me suis rendue compte que pour tolérer autrui, il faut d’abord se tolérer soi-même. Certaines personnes bien qu’elles fassent des efforts pour tolérer un(e) partenaire, un(e) conjoint(e), ou un(e) ami(e) n’y arrivent pas tout simplement parcequ’elles ne se tolèrent pas elles-même.

Ceci est tellement anodin qu’il passe inaperçu ; les gens ne se rendent pas compte qu’ils ne parviennent pas à se tolérer eux-même. Le but de cet article est d’attirer l’attention de ce type de personnes, car il serait impossible de suivre la démarche préconisée dans le précédent article si la tolérance de soi est un défi. Tolérer autrui est d’office un défi, donc si on a en face de soi deux défis, autant mieux commencer par celui de la tolérance de soi. Ainsi, la tolérance d’autrui ne sera plus un principe impossible.

De mon point de vue, ce qui pousse les gens à ne pas se tolérer eux-mêmes c’est la société et le monde qui les entoure. Certaines personnes ont eu accès à la réligion, la culture, l’éducation, etc., avant d’avoir accès à leur propre personne. D’autres personnes quant à elles n’ont jamais eu accès à leur propre personne ; ce qui impliquerait que ces dernières sont le reflet sans faille du monde extérieur. Hors nous nous sommes rendus compte dans les trois premiers articles de ce blog (La rencontre avec soi, Qui suis-je? De quoi suis-je fait?) que toute personne est le fruit d’un monde extérieur et d’un monde intérieur. Ainsi, pour ceux qui ne se sont jamais engagés sur le chemin de la quête de soi, il est grand temps de commencer. Faire taire ses propres désirs et passions au profit des exigences du monde extérieur n’est rien d’autre qu’une injustice envers soi-même.

Par ailleurs, pour ceux qui ont eu accès au monde extérieur avant d’avoir accès à leur propre personne, le défi ici consisterait à faire taire les lois et principes du monde extérieur au profit de ses désirs et passions. C’est dire qu’il faut oublier tout ce que la réligion, la culture, l’éducation nous a appris pour se lancer vers l’exploration de notre volonté dans toute son entièreté. Que désire mon esprit ? Qu’est-ce que j’aimerais faire que je ne parviens pas à faire à cause de l’influence du monde extérieur ? Qu’est-ce que je suis capable de réaliser si jamais le regard d’autrui n’était pas posé sur moi ? Autant de questions qui pourraient vous donner envie de vous libérer des chaînes du monde extérieur et de vous épanouir pleinement. J’utilise le terme « chaînes » ici car tout ce qui m’empêche de m’épanouir constitue pour moi une chaîne, une sorte d’emprisonnement. Voulant à tout prix préserver ma liberté, je me refuse de rester captive de ces chaînes. Bien entendu, j’effectue cette démarche tout en gardant à l’esprit que comme Jean‐Paul Sartre, philosophe et écrivain français (1905‐1980) l'a dit : « Ma liberté s'arrête où commence celle d'autrui. »

Cependant, si vous choisissez d’effectuer cette démarche, considérez que les interrogations précédentes constituent la genèse d’une démarche dont le but est la tolérance de soi. Vous pouvez donc bien entendu aller au-delà de celles-ci, l’objectif étant de découvrir ses désirs et passions dans leurs entièretés et de voir dans quelle mesure nous pouvons leur donner une place sans toutefois nuire à autrui. Connaître ses désirs et passions revient à se connaître soi-même, et donner une place à ceux-ci revient à se tolérer soi-même. C’est ainsi que l’on parviendra à comprendre et à respecter la manière de penser ou d’agir d’autrui ; car tout comme moi, autrui a ses propres désirs et passions auxquels il aimerait donner une place : si ces derniers n’obstruent en aucun cas ma liberté, pourquoi ne pas les tolérer ?

 

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